Je suis debout au bord de la plage.

Un voilier passe dans la brise du matin, et part vers l'océan.

Il est la beauté, il est la vie.

Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit : « il est parti ! »

Parti vers où ?

Parti de mon regard, c'est tout !

Son mât est toujours aussi haut,

sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue est en moi,

pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un prés de moi

dit : « il est parti ! »

il y en a d'autres qui le voyant poindre à l'horizon

et venir vers eux s'exclament avec joie :

« Le voilà ! »

C'est ça la mort !

Il n'y a pas de morts.

Il y a des vivants sur les deux rives.

 

Poème attribué à diverses personnes : Henry Van Dyke, Bishop Charles Henry Brent, William Blake et Luther F Beecher ??

Texte émouvant communiqué à Anne-Marie : Il a été écrit et lu par Yéléna à l'enterrement de son Papi :

J'aimerais vous dire qu'il serait ravi de vous voir, tous ici présents et qu'il serait heureux de vous prendre dans les bras pour vous dire combien il vous aime..,

André, papi, était un homme courageux, battant, qui aimait vivre et donner de l'amour à tous ceux qui l'entouraient. Je me souviens encore de ces moments passés en sa compagnie quand j'étais enfant, de ces moments de complicité qui resteront, à jamais, gravés dans mon cœur.

Mais lorsque survient l'épreuve de la séparation, notre cœur est saisi par la tristesse, assailli par tant de souvenirs et c'est un peu de nous-même qu'il emporte. Notre cœur saigne alors de ne plus pouvoir travailler ensemble sur ce chantier de la Vie, de ne plus entendre ses rires, ses interpellations, de ne plus voir ses yeux bleus, clairs comme l'eau, de ne plus partager nos agapes qui font de notre famille un vécu humain.

Mais, Papi, Papi, J'ai espoir que ta route croise la mienne, que dans un soir de doute tu reviennes, que quelque part tu m'écoutes et que ta peau se souvienne...

Si de là où il est, il pouvait parler, il nous demanderait de retenir ces quelques vers :

« Ne reste pas à pleurer devant ma tombe, je n'y suis pas, je n'y dors pas.

Je suis un milliers de vents qui soufflent, je suis le scintillement du diamant sur la neige,

Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr, je suis la douce pluie d'automne

Quand tu t'éveilles dans le calme du matin, je suis le prompt essor

Qui lance vers le ciel où ils tournoient les oiseaux silencieux.

Je suis la douce étoile qui brille la nuit.

Ne reste pas à te lamenter devant ma tombe, je n'y suis pas, je n'y suis pas mort... »

ANONYME

Oui, André, Papi tu es la douce étoile qui brille la nuit et j'ai espoir que ta route croise la mienne, que quelque part tu m'écoutes pour te dire.. Je t'aime......

Yéléna Larroque, le 23/10/2006.